La Renouée du Japon

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La Renouée du Japon ou Renouée à feuilles pointues (Reynoutria japonica aussi nommée Fallopia japonica ou encore Polygonum cuspidatum ) est une espèce de plante herbacée vivace de la famille des Polygonaceae originaire d’Asie orientale, naturalisée en Europe dans une grande diversité? de milieux humides.

Sa capacité à se reproduire, à éliminer ses concurrents en font une ennemie de la biodiversité. Elle a développé une véritable stratégie de compétition envers les autres plantes :
+ la sécrétion de substances a été mis en évidence au niveau des racines de la plante qui font mourir les racines des plantes avoisinantes,
+ la densité des feuilles empêche tout développement d’autres plantes par manque de lumière.
Cette plante a des préférences pour les sols acides, humides, son optimum se situant à un ou deux mètres au dessus du niveau du lit de la rivière. Les périodes d’immersion doivent être courtes car elle ne supporte pas l’asphyxie racinaire. Elle peut former de larges fourrés denses. On la trouve aussi dans les milieux rudéralisés (bords des routes, alentours des jardins, terrains abandonnés) où elle tolère pratiquement tout type de sol.

Où la trouve-t-on ?

Elle colonise les bords des canaux et les rivières sous forme de massifs épars ou de vastes herbiers impénétrables. Elle s’installe préférentiellement dans des zones remaniées par l’homme et prolifère le long des axes routiers, des voies ferrées mais aussi dans les terrains vagues, les forêts et les marais.
Lors de la période automnale (ou hivernale), les grandes renouées se dessèchent et émettent alors de nombreux déchets dans les rivières. Cette importante biomasse? rejetée dans la nature peut provoquer des pollutions organiques et dégrader la qualité des eaux servant à l’alimentation humaine. L’accumulation de déchets peut également bloquer l’écoulement des eaux.

Tiges et feuilles de la Renouée
Tiges et feuilles de la Renouée
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Sur le bassin du Vicoin, on trouve cette plante presque partout de façon localisée (jardins, bord de routes), mais au bord des cours d’eau, elle est bien implantée sur les berges du Vicoin sur les communes de la Brulâtte et de Port-Brillet (en aval de l’étang de la Forge). On la trouve sur divers affluents du Vicoin à Saint Ouen des Toits (le ruisseau de l’étang d’Olivet) et à Saint-Pierre la Cour. Cette plante est suivie depuis 2008 par le Syndicat : elle s’est propagée vers l’aval du Vicoin à partir des stations d’origine sur 1 à 2 kms. Les surfaces d’herbiers présents au bord des cours d’eau avoisinent les 800 à 900 m2 en cumulé.

Comment lutter contre la Renouée ?

La meilleure méthode consiste à arracher manuellement les plantes 2 fois, au minimum, par an, une première fois vers la mi-juin, une deuxième fois début octobre. Mais même en procédant ainsi, le résultat est loin d’être garanti. Cette méthode se limite plutôt aux petites surfaces et aux populations de plantes peu développées. Le bâchage de terre après arrachage puis la plantation peut localement faire régresser la plante mais cela est aussi réservé à de petites surfaces.
Les berges nues ou faiblement boisées la favorisent car la Renouée supporte moins la concurrence des arbres et de la lumière. Une ripisylve? dense peut ainsi limiter sa propagation. Peu appétante, le bétail néglige de la consommer, en dehors, semble-t-il, des chèvres.

Le traitement chimique est proscrit au bord des cours d’eau et demeure inefficace : la plante repousse très bien après un désherbage. Le broyage sans récupération de la matière, par la dispersion des fragments de la plante, augmente considérablement le risque de sa dispersion et est donc à proscrire.

Publications

Fleurs blanches en grappes de la Renouée
Tiges et feuilles de la Renouée

Description

Cette grande plante vigoureuse a des tiges creuses érigées, rougeâtres, semblables à des cannes de bambou, de 1 à 3 m de haut. Sa croissance peut être de 1 à 8 cm par jour, elle peut donc atteindre sa hauteur maximale de 4 mètres en 2 mois au printemps.
C’est une plante géophyte à rhizome/hémicryptophyte érigée : les tiges aériennes meurent l’hiver et seuls persistent des bourgeons souterrains et/ou au ras du sol.
Les feuilles inférieures largement ovales-triangulaires atteignent 15-20 cm de long et sont brusquement tronquées à la base. Elles sont alternes.
Les petites fleurs blanches en grappes apparaissant en septembre-octobre sont disposées en panicules à l’aisselle des feuilles (au niveau de l’ochréa).

Fleurs blanches en grappes de la Renouée
Fleurs blanches en grappes de la Renouée
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Elles comportent 5 tépales persistantes, 8 étamines et 3 styles. Le fruit est un akène de 2-4 mm de long. Pollinisées par les insectes, les fleurs fournissent une source intéressante de nectar à une époque de l’année où les fleurs se font très rares. En France, les graines sont peu fertiles et la reproduction se fait surtout par multiplication végétative par l’intermédiaire de longs rhizomes, de fragments de rhizomes dispersés ou de boutures de tiges.

A noter

Attention à la dissémination de la plante !

Comme de nombreuses plantes, elle a un mode de reproduction sexué (par les graines qui sont peu nombreuses) et surtout un mode de reproduction végétatif par ses rhizomes (racines). Par conséquent, à partir d’un petit fragment de racine, la plante se reproduit. En plus de la reproduction naturelle, la fragmentation puis le transport de morceaux de racines peut se faire par érosion des berges lors de crues printanières. Mais surtout, des travaux de terrassement avec transport de matériaux offrent à la plante de nouveaux territoires. Le remblaiement des berges est donc proscrit si l’on ne connait pas l’origine des terres transportées.